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Un interne du CHU de Dijon distingué aux Etats-Unis

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Bartatac

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Total Burgondes !!!
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ACCIDENTS VASCULAIRES CÉRÉBRAUX
Un interne du CHU de Dijon distingué aux Etats-Unis


Yannick Béjot et le professeur Giroud ont fait le voyage jusqu'à San Diego (photo Philippe Maupetit)



L'académie américaine de neurologie a salué les travaux menés à Dijon sur les accidents vasculaires cérébraux. Une étude présentée par un interne du CHU.


Près de 12 000 médecins rassemblés pendant une semaine dans le plus grand palais des conventions des Etats-Unis. Au-delà de la carte postale qui renvoie au gigantisme des USA, Yannick Béjot, 26 ans, n'est pas près d'oublier le voyage qui l'a conduit à San Diego, du 2 au 8 avril. Cet interne originaire de la région de Chalon-sur-Saône, « pur produit » de la faculté de médecine de Dijon, a participé au congrès annuel de l'académie américaine de neurologie. A ses côtés : le professeur Maurice Giroud, chef du service de neurologie du centre hospitalier régional universitaire, ainsi que trois autres membres de l'équipe.
La réunion mondiale organisée par la prestigieuse société avait décidé de mettre Dijon à l'honneur pour ses travaux en matière d'épidémiologie des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Un problème de santé publique qui touche chaque année 150 000 personnes en France, où il demeure la première cause de handicap, la deuxième cause de démence et la troisième cause de décès.
4 000 cas
Depuis 1985, sous l'impulsion du professeur Giroud, un registre passe au crible ces AVC en conservant l'ensemble des données relatives aux patients domiciliés à Dijon, pris en charge à l'hôpital ou en milieu libéral (types d'accidents, facteurs de risque, etc.).
Au total, environ 4 000 cas sont recensés dans cette étude qui a retenu l'attention outre-Atlantique pour deux raisons majeures : d'abord parce qu'il s'agit d'une expérience unique en France et en Europe ; d'autre part, en raison de la longévité du travail, qui a fêté ses vingt ans. Autant dire que les résultats sont « robustes », souligne le professeur Giroud, qui a confié leur analyse à Yannick Béjot.
Ses principales conclusions ? Premièrement, malgré l'augmentation de la population à risque (hausse de 25 % des plus de 65 ans), l'incidence des AVC est restée stable sur la période. Constat positif pour les spécialistes qui y voient un succès de la prévention, même si, dans le détail, la diminution des AVC d'origine cardiaque (meilleur usage des anticoagulants) est contrebalancée par le plus grand nombre d'AVC d'origine diabétique : « Reflet de ce qui se passe en Occident, en marge de l'épidémie de diabète ».
Amélioration de l'espérance de vie
Deuxième information, qui a le plus séduit les neurologues américains : les AVC surviennent de plus en plus tard, avec un gain de 5 ans pour les hommes (l'âge moyen de l'accident s'établit aujourd'hui à 72 ans) et de 8 ans chez les femmes (âge moyen actuel à 76-77 ans).
Concept nouveau : on parle « d'amélioration de l'espérance de vie sans AVC ». Elle s'explique là encore par l'efficacité de la prévention primaire, qui repose sur une meilleure prise en compte des facteurs de risque : hypertension artérielle, tabagisme, diabète, cholestérol.
« Ce qui peut être rébarbatif pour les personnes concernées leur rend service », sourit le professeur Giroud, qui se félicite du troisième résultat également mis en exergue dans ce bilan : la chute de 25 % de la mortalité des AVC à un mois (ainsi que des handicaps consécutifs à l'accident). Le fruit des progrès de la prise en charge, notamment grâce à un accès plus rapide à l'imagerie cérébrale où à la création d'unités neuro-vasculaires (quatre lits de soins intensifs à l'hôpital général). « Depuis vingt ans, nous intégrons toutes les nouveautés thérapeutiques », ajoute le chef de service, évoquant un réflexe adopté par le spécialiste urgentiste ou neurologue, comme par le généraliste.
Quatrième élément : l'étude dijonnaise démontre la relation entre la pollution atmosphérique et la survenue des AVC chez les hommes de plus de 40 ans hypertendus et fumeurs. Dans le collimateur : l'ozone.
Enfin, le registre a établi une baisse de 30 % du tabagisme.
Preuve que la « responsabilisation des individus », pour arrêter la cigarette, suivre correctement leur régime ou prendre régulièrement leurs médicaments, paye aussi en retour. « Ces résultats valident les différentes stratégies de prévention de l'athérosclérose mises en place en France », précise Maurice Giroud.
La fierté du professeur
En tant qu'ancien doyen, le professeur ne cache pas sa fierté de ce qui est aussi une reconnaissance de la « qualité des étudiants et des internes formés à la faculté de médecine et au CHU de Dijon ».
« Cette performance rejaillit sur l'ensemble du corps médical hospitalier et libéral de Dijon et de la Bourgogne », indique le maître que son élève, Yannick Béjot, remercie pour sa « confiance ».
Avec un mot pour le professeur Bastable, qui enseigne l'anglais médical et sans qui il aurait été plus angoissant encore de monter à la tribune californienne ! Repéré par des experts français présents sur place, Yannick peut se rassurer. A partir d'aujourd'hui, il se trouve à Toulouse pour exposer de nouveau ses travaux. L'un des temps forts des journées de neurologie. de langue française, cette fois.
Lauranne VOIRON

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