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nouvelle station d'épuration pour Dijon et ses alentours

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Bartatac

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Total Burgondes !!!
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DIJON-LONGVIC
Une mise en eau historique de la nouvelle station d'épuration





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Après la mise en eau qui prend une dizaine de jours, la nouvelle usine de traitement des eaux usées de Dijon-Longvic va commencer à filtrer quotidiennement 65 000 mètres cubes. Elle est dotée d'un bassin de 30 000 m3, permettant de stocker l'excédent d'eau usée, arrivant à la station, en cas de pluie



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Bernard Guirkinger, pdg de Lyonnaise des eaux : « La grande originalité de l'usine dijonnaise porte sur la valorisation des boues résiduelles, au sein d'une station construite sur le site ».



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De g. à d. Bernard Guirkinger, Claude Darciaux, Colette Popard, Paul Roncière, François Rebsamen ; des jets d'eau ont été projetés dans le ciel, pour fêter la mise en route de la station d'épuration (photos BP-LD)

Depuis plus de cent ans, l'agglomération dijonnaise polluait le Suzon, l'Ouche et par conséquent la Saône. Hier, la mise en eau de la nouvelle usine de traitement des eaux usées de Dijon-Longvic a constitué un événement historique, en matière de protection de l'environnement.

Depuis plus de 100 ans, l'agglomération dijonnaise pollue l'Ouche. « En 1864, le conseil municipal de Longvic, dénonçant une seconde pollution de sa rivière, saisissait le préfet afin qu'il prenne des dispositions », rapportait hier Claude Darciaux, députée-maire de Longvic. Le 26 février 1906, même constat : le conseil délibère sur la pollution de l'Ouche, en raison du déversement des égouts de la ville de Dijon ; les berges sont couvertes d'un dépôt infect rendant la rivière inabordable. Et d'indiquer qu'une action sera intentée contre la ville de Dijon. Même constat à Tart-l'Abbaye, dans le canton de Genlis, en 1895 : où les élus demandent que « les égouts de Dijon se jettent ailleurs que dans l'Ouche » ; dans ces conditions, l'Ouche devient pour les communes riveraines « un foyer d'infection ».
Il aura donc fallu attendre largement plus d'un siècle, pour que la problématique de la pollution du Suzon, de l'Ouche, et par conséquent de la Saône, soit, à Dijon, prise en compte dans toute sa dimension.
Vendredi, à 11 heures, à l'occasion de la mise en eau de la nouvelle usine de traitement des eaux usées de Dijon-Longic, Colette Popard, présidente du Syndicat mixte du Dijonnais, et vice-présidente du Grand Dijon, expliquait que l'ancienne station n'était plus aux normes européennes, et qu'un retard considérable avait été pris sur ce dossier. « En 2001, l'agglomération dijonnaise ne respectait toujours pas les obligations européennes, reprises par un arrêté préfectoral ayant fixé à décembre 1998 l'obligation de mise aux normes. » L'ancienne station n'ayant pas la capacité de traiter les rejets dans de bonnes conditions, l'Ouche continuait d'être polluée, particulièrement en période d'orages.
Cinq ans plus tard, Colette Popard annonce que le chantier sera complètement terminé dans un an, après la mise en service du traitement des boues, et la déconstruction des anciens ouvrages. En septembre 2007, date fixée pour l'inauguration, les nuisances olfactives disparaîtront totalement. Dans l'intervalle, 65 000 mètres cubes d'eau vont être filtrés quotidiennement.
Des engagements tenus
François Rebsamen, président du Grand Dijon, a souligné que les engagements pris avaient été tenus. « Il s'agit de penser à l'avenir de nos enfants, dans une perspective de développement durable. Cette nouvelle usine sera visitée par de nombreuses écoles, car elle sera dotée d'un volet pédagogique. C'est important de montrer ce site, car ce sont ces écoliers qui auront, demain, à gérer la terre et la planète. Ainsi l'eau que nous recevons doit être aussi propre que celle que nous rejetons. »
Le Syndicat mixte du Dijonnais, à qui le Grand Dijon a délégué ses compétences eau et assainissement, a rappelé qu'au travers de ses ventes en gros à divers syndicats et communes, il assure l'approvisionnement de 85 % de la population du schéma de cohérence territorial, et de plus de 50 % de la population de la Côte-d'Or.
Le préfet Paul Roncière a félicité le Grand Dijon (1), le Syndicat mixte du Dijonnais, et l'ensemble des partenaires, à la tête desquels Lyonnaise des Eaux, pour cette « réalisation collective exemplaire ». Il a précisé que sur un budget total de 60 millions d'euros, l'Etat, à travers l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée et Corse, en a financé 40 % (2).
Et de souhaiter que l'autre moitié des habitants de la Côte-d'Or bénéficie d'un traitement des eaux usées aussi efficace ; ce qui n'est pas malheureusement pas le cas partout. « Il y a des progrès, mais beaucoup de stations ne sont pas aux normes. »
Il a aussi mis en exergue la dégradation de la qualité des eaux en Côte-d'Or, dont la charge en nitrates et en pesticides ne cesse d'augmenter.
Anne-Françoise BAILLY
(1) Le conseil général a participé au financement du bassin d'orage.
(2) Dont le président chargé de l'environnement est Jean-Patrick Masson

Trois questions à Bernard Guirkinger, pdg de Lyonnaise des eaux
Le Bien public-les Dépêches : La construction de l'usine de traitement des eaux usées de Dijon-Longvic représente-t-elle le plus gros chantier en France, de la Lyonnaise des eaux ? Bernard Guirkinger : « Oui, c'est notre chantier le plus important. Les élus ont voulu être ici exemplaires en matière de protection de l'environnement. Ils ont choisi un traitement complet des eaux usées, notamment pour le phosphore et l'azote. Le milieu récepteur : c'est le Suzon et l'Ouche, des petites rivières très sensibles. Il était important que les technologies mises en œuvre soient les plus complètes possible. Les défis à relever ont été considérables : 90 entreprises à coordonner, 65 000 mètres cubes de terre à déplacer, soit l'équivalent de 32 piscines olympiques ; 1 300 tonnes d'acier à employer, soit 1/10e du poids de la tour Eiffel ; 350 000 heures de travail à garantir, soit 75 personnes à temps plein, pendant 3 ans. » BP-LD : Quelle est l'originalité de ce chantier ? B. G. : « L'originalité porte sur le traitement des boues ; car à la sortie du traitement des eaux usées, demeurent des matières organiques. La grande originalité de l'usine dijonnaise porte sur la valorisation de ces boues au sein d'une station construite sur le site. Nous qualifions ces boues « d'auto-thermiques ». Certaines sont brûlées ; l'énergie de la combustion est récupérée pour en faire sécher d'autres, destinées au milieu agricole, sous forme de granulés constituant des engrais. L'ensemble four-sécheur est autonome sur le plan énergétique ; il ne consomme ni fuel, ni gaz, ni électricité ». BP-LD : Existe-t-il des structures équivalentes en France ? B. G. : « Cette infrastructure, associée à la construction d'une station d'épuration, n'a pas d'équivalent en France. C'est une action véritablement remarquable, en matière de développement durable, et qui prend tout son sens, en cette période d'augmentation du coût de l'énergie. Cette nouvelle usine de traitement des eaux usées de Dijon-Longvic, c'est aussi un exemple concret de partenariat public-privé, comme l'avait souligné Gérard Mestrallet, président de Suez, lors de la pose de la première pierre. Rappelons que Lyonnaise des Eaux, avec le soutien de Suez, a apporté plus de 28 millions d'euros, au titre du fonds de travaux du contrat de concession. »

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